I. INTRODUCTION
- Complications transfusionnelles fréquentes, parfois graves.
- Majoritairement immunologiques et infectieuses ; plus rarement métaboliques (transfusions massives).
- Accident immuno-hémolytique : rencontre Ag érythrocytaire ↔ Ac spécifique.
- Le plus souvent : Ac du receveur ; plus rarement incompatibilité mineure (Ac du produit).
- Gravité proportionnelle à la quantité d’Ag transfusé → surveillance +++.
II. CAUSES
1. Incompatibilité érythrocytaire
- ABO : hémolyse immédiate (gravité +++).
- Autres systèmes (Ac irréguliers) :
- Allo-immuns : Rh, Kell, Duffy, Kidd, Ss
- Ac dirigés contre des Ag publics
2. Zones de défaillance
- Erreur d’identification des prélèvements.
- Non-respect des procédures pré-transfusionnelles :
- Groupage (prélèvements)
- RAI > 3 jours
III. PHYSIOPATHOLOGIE
1. Hémolyse intravasculaire
- Ac naturels IgM/IgG réguliers (anti-A/anti-B) → fixation du complément jusqu’à C9.
- Lésions membranaires des GR → hémolyse indépendante de toute transfusion antérieure.
2. Hémolyse tissulaire
- Ac IgG allo-immuns (irréguliers) ± activation jusqu’à C3b.
- Destruction des GR sensibilisés au foie et à la rate.
- Contextes : grossesses, transfusions antérieures.
IV. MANIFESTATIONS CLINIQUES
1. Accidents hémolytiques immédiats (intravasculaire)
Sujet éveillé
- Prodromes : douleurs lombaires violentes, frissons, fièvre, céphalées, oppression thoracique, hypotension.
- CIVD, collapsus cardio-vasculaire, urines foncées, oligo-anurie.
- Insuffisance rénale aiguë.
Sujet anesthésié
- Choc hémodynamique brutal.
- Syndrome hémorragique, hémoglobinurie isolée, frissons-hyperthermie, ictère post-transfusionnel.
Critères de gravité
- Volume transfusé
- Quantité et qualité des Ac
2. Accidents hémolytiques retardés (tissulaire)
- Ictère post-transfusionnel J3–J7
- Transfusion inefficace (mauvais rendement, besoins transfusionnels accrus)
V. DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE
Acheminer sang du patient et unités transfusées au laboratoire.
1. Affirmer l’hémolyse
- Hémoglobinurie, hémoglobinémie
- ↑ Bilirubine non conjuguée
- ↓ Haptoglobine
- ↑ LDH
2. Affirmer l’origine immunologique
Vérifications
- Concordance groupe : documents, poche, carte.
- Contrôle ultime au lit du malade :
- Identité patient
- BV sur GR de la poche et GR du patient
Examens
- Groupage (2 épreuves)
- Beth-Vincent (globulaire) : Ag A/B/AB sur GR
- Simonin (sérique) : Ac naturels (GR tests A1, A2, B, O)
- Phénotype : C, E, c, e, K (attention doubles populations)
- Coombs direct : Ig et/ou C3 fixés sur GR
- Élution directe (même si Coombs −)
- RAI (< 72 h)
- Fréquents : anti-Rh, anti-Le, anti-Pl, anti-Ke
- Plus fréquents : femmes enceintes > chirurgie > sujets âgés
- Épreuve de compatibilité (sérums pré et post-transfusionnels)
3. Bilan associé
- Hémostase (recherche CIVD)
- Fonction rénale
VI. DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
- Réactions non immunologiques : frissons-hyperthermie (Ac anti-leucocytaires), choc septique, anti-IgA.
- Hémolyses du receveur : HPN, AHAI, médicamenteuse, infectieuse, mécanique, toxique, microangiopathies (SHU, PTT).
- Hémolyse des GR du donneur : erreur de perfusion, mauvaise conservation, infection bactérienne de la poche.
VII. TRAITEMENT ET PRONOSTIC
- Arrêt immédiat de la transfusion (conserver la voie).
- Traitement du choc : O₂, remplissage, amines vasopressives.
- Risque vital ; insuffisance rénale transitoire ou définitive possible.
VIII. PRÉVENTION ET SÉCURITÉ TRANSFUSIONNELLE
- Respect strict de la chaîne transfusionnelle (traçabilité).
- Qualité des documents (carte de groupe, RAI).
- Utilisation de CGR phénotypés chez :
- Femmes en âge de procréer
- Enfants
- Immunodéprimés
- Polytransfusés (hémoglobinopathies)
- Vérification ultime au lit du malade.